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Taiwan – Taipei (3) : Danshui, Beitou, Jiantan

3 mai 2006

Nous y voilà ! Danshui… L’endroit où la rivière du même nom rencontre l’Océan Indien… Une localité administrativement incluse dans Taipei, mais qui ne ressemble en rien au cœur de la capitale taiwanaise. Nous sommes ici dans un autre univers, presque dans un autre pays…

Danshui signifie « eau fraîche ». Ce fut l’un des principaux ports de pêche de Taiwan, ainsi qu’un point stratégique pour la défense de l’île dans les siècles précédents. En 1629, les Espagnols y établirent San Domingo, une forteresse gardant l’entrée de l’estuaire. Celle-ci fut contrôlée tour à tour par les Hollandais, les chinois et les britanniques.

Manquant d’inspiration et surtout de temps, je me suis décidée à suivre l’itinéraire suggéré par le Lonely Planet, et ai commencé par le marché du matin. Celui-ci se tient tous les jours, entre six heures du matin et midi, dans de minuscules ruelles bordées de non moins réduites échoppes, protégées du mauvais temps par des tentures de fortune, ou, au mieux, plastiques. On y trouve tous les ingrédients frais pour remplir le panier de la ménagère Taiwanaise : légumes, fruits, poissons, viandes… Et quelques autres éléments moins identifiables.

La prochaine étape m’a conduite sur les pas des colons occidentaux qui ont laissé de nombreux vestiges sur la colline dominant le port. Le premier vestige à visiter est bien entendu le Fort San Domingo ; celui que l’on peut visiter n’est pas le fort d’origine (datant de 1626), mais une structure plus solide construite par les Hollandais en 1642. Le fort tomba aux mains des Chinois de 1683 à 1867. En 1868, un traité signé avec la Grande-Bretagne ramena la construction dans le giron britannique, et fut converti en consulat. C’est à cette époque qu’il fut repeint en rouge.

Le bâtiment n’a désormais plus rien de militaire et abrite un musée contant l’histoire de Danshui, de son occupation par les Hollandais jusqu’à nos jours. Son jardin est très agréable, et la présence d’un restaurant en plein air renforce l’impression d’être dans un pays non pas d’Asie, mais d’Europe.

Non loin du fort se trouve l’Université Alethia, la première université à avoir été construite en 1872, dans un style occidental à Taiwan, sur le modèle de l’Université d’Oxford. Elle fut fondée par le révérend Georges Lesley Mackay, un Canadien venu évangéliser les habitants de l’île en 1872. Hasard ou résultat de ses efforts, le courant presbytérien est la branche chrétienne la plus représentée à Taiwan.

Au centre-ville, en bas de la colline, se trouve le Yinsan Temple, un monument classé parmi les trésors nationaux de Taiwan. Considéré comme le temple de style Qing le mieux préservé, il est une véritable débauche de sculptures colorées, se mariant avec des verroteries aux teintes tout aussi variées. Le temple date de 1822, et n’a été rénové à ce jour qu’une seule fois, en 1992.

Danshui est également très agréable pour la promenade aménagée sur deux kilomètres sur les bords de la rivière Danshui, et bordée de magasins de souvenirs et de restaurants servant poissons frais et coquillages. La jetée, avec ses longues barques flottant à leurs amarres, est la scène la plus fréquemment photographiée ; emblème de Danshui.

Étape suivante, toujours dans la banlieue de Taipei, mais en route pour le centre-ville : Beitou. L’île de Taiwan regorge de sources d’eau chaude sur son territoire. Les infrastructures de Beitou furent développées en premier par les occupants japonais. Il subsiste d’ailleurs encore quelques anciens « on-sen », comprenant rotemburo, pièces à tatami et portes coulissantes en papier de riz. Si bien que lorsque j’ai visité le musée des sources d’eau chaude de Beitou, je me suis demandé si je ne me trouvais pas à Minakami ou à Hakone, au Japon.

L’industrie des sources d’eau chaude fonctionne d’ailleurs toujours, Beitou étant le lieu de villégiature le plus aisé pour les habitants de Taipei qui voudraient se tremper les pieds. Plusieurs options existent : essayer la rivière près du musée (c’est gratuit) ou s’enfermer dans un hôtel (très cher, mais souvent accompagné de massage).

Beitou est également connu comme le Hollywood de Taiwan ; plus de 100 films taiwanais ont été tournés dans ce cadre naturel et enchanteur.

Je suis ensuite descendue une bonne dizaine de stations plus loin, à Jiantan, un lieu renommé pour son marché de nuit. Et c’est en me frayant un chemin dans les allées surencombrées et sur-parfumées de l’immense Hall de Jiantan que j’ai compris pourquoi. La place est un gigantesque foot court, où les ventres affamés peuvent trouver absolument tout, des fruits – à déguster pressés ou nature – aux viandes, en passant par les poissons.

À gauche du Food-Court, se trouve le véritable marche de nuit ; une rue de largeur moyenne, bordée de magasins en tout genre, attirant la plupart du temps le chaland à force de slogans hurlés par porte-voix (il faut bien essayer de couvrir la musique d’ambiance techno du magasin voisin… ). Contre façons ultraprésentes partout ; des vêtements aux parfums ; en passant par les jouets !

La dernière étape de la journée fut le Grand Hôtel de Taipei ; niché sur une colline, non loin de Jiantian: reconnaissable de très loin par son énorme silhouette rouge surdécorée d’émaux verts et bleus, cet hôtel ultra-chic est la fierté de Taipei et de ses habitants. La construction de l’hôtel fut lancée par Chiang Kai-Shek, sur le motif que Taipei ne possédait aucun hôtel de cinq étoiles pour recevoir les officiels étrangers.

Le bâtiment fut achevé en 1952, mais connut plusieurs ajouts par la suite ; la piscine et le court de tennis en 1953, le Pavillon du Dragon d’Or et le Pavillon du Phénix de Jade en 1958, et le Restaurant du Dragon d’Or en 1963. La consécration vint en 1968 avec le classement de l’hôtel parmi l’un des dix Top Leading Hotels of the World par le magazine US Fortune La porte principale désormais icône de toute la ville fut construite en 1973.

L’hôtel fut ravagé par le feu en 1995 et la toiture détruite entraînant la condamnation d’une grande partie du bâtiment au public jusqu’à sa réouverture en 1998.

Et c’est ainsi que s’acheva ce court séjour en Chine non communiste.

Taiwan – Taipei (2) : Shilin, Zhongshan et Taipei 101

2 mai 2006

La première visite du jour me conduit dans le quartier de Shilin, dans le nord de Taipei ; le lieu est l’une des zones culturelles les plus renommées de la ville (grâce en particulier au National Palace Museum), ainsi que l’une des plus fortes concentrations de magasins d’antiquités, de food courts et de marchés de nuit. C’est également un secteur très boisé, à tel point que l’on peut se demander de prime abord si l’on se trouve vraiment dans la proche banlieue d’une métropole de 2,5 millions d’habitants, ou en pleine forêt vierge.

S’il y a un endroit qui m’a été chaudement recommandé par un ancien habitant de Taipei, c’est bien le Musée du Palais National, qui abrite une collection sans précédent d’œuvres chinoises de toutes les époques du vaste empire. Étant donné l’étendue de sa collection, le musée effectue une rotation des œuvres présentées, ce qui signifie qu’un visiteur a très peu de chance de voir les mêmes trésors deux fois de suite. Cependant, certains d’entre eux sont en permanence visibles, tels les boules d’ivoire, les pièces de vaisselle en bronze, les écrans de jade de la Dynastie King, et les céramiques de la Dynastie Sun.

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Taiwan – Taipei (1) : Mausolée de Chan Khai Chek, Longshan

1 mai 2006

Taiwan s’annonce très bien dès le passage à l’Immigration. Je me suis d’ailleurs demandé à quoi avait servi mon passeport, étant donné que l’inspecteur a à peine regardé mes papiers, m’enjoignant au bout de quelques secondes de passer… Et, cerise sur le gâteau, pour le transport entre l’aéroport Chan Khai Chek et l’hôtel Cosmos, j’ai droit à une Lexus et un chauffeur privé ! Sans doute le bureau local de JTB (Japan Travel Bureau) n’a pas voulu me mélanger avec les Japonais. En tout cas je ne m’en plains pas ; mon chauffeur – bien qu’un peu dragueur et sur-parfumé – parle très bien anglais et m’informe aussitôt des lieux à visiter dans et autour Taipei. De plus les sièges en cuir sont très confortables pour cette prévisite guidée des abords de la Capitale taiwanaise…

Sitôt arrivée, sitôt les affaires déballées dans la chambre, et sitôt repartie. Premier lieu de visite : le Mémorial de Chiang Kai-Shek… Que je n’ai pas trouvé tout de suite d’ailleurs. Eh oui, me lever à 5 heures du matin a un peu rouillé mon instinct de boussole, et je me retrouve donc d’abord à Peace Park (le parc de la Paix), qui se trouve non loin du mausolée. Le parc est dédié aux victimes de la rébellion de février 1928, et possède un certain nombre de pavillons à la laque rouge flamboyante, et des statues plus modernes. Ce serait un lieu de pique-nique idéal si, justement, pique-niquer ainsi qu’une bonne demi-douzaine d’autres choses n’était pas interdites…

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