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Inde : La route Jaipur-Agra
Il y a une chose que notre épopée triomphante de la veille nous a fait comprendre ; nous allons difficilement continuer le voyage si nous ne nous mettons pas en de bons termes avec le guide. Nos premières poignées de mains avec lui s’accompagnent de billets de 100 roupies, glissés discrètement de paume à paume.
Le départ se fait tout aussi matinalement qu’à Delhi : 7h30 du matin. Il fait plus froid que d’habitude dans la capitale du Rajastan (trois petits degrés à ce qu’il paraît) mais cela n’empêche pas les ouvriers des chantiers voisins de se doucher en slip, à grand renfort de baquets d’eau, et aux vus et aux sus de tout le monde. La ville de Jaipur s’est couchée tard – vers les deux heures du matin si j’en crois la cacophonie que j’ai entendue du fond de mon lit- et n’est pas encore réveillée à cette heure ci ; seuls quelques rickshaws et vélomoteurs accompagnent la course de notre voiture.

Notre véhicule fonce dans les rues bordées de maisons et cabanes décaties, où les habitants, encore engourdis, promènent un regard un peu zombiesque sur les voitures qui passent… A la sortie de la ville, le guide fait arrêter le véhicule devant un long mur qu’éclairent les rayons du soleil levant pour que nous puissions prendre des photos. C’est beau les réconciliations. (lol)
Inde : Une échappée dans les rues de Jaipur
Après une visite plus où moins longue dans un magasin de bijoux, puis de tissus – passage obligé pour les tours japonais – et un repas dans un restaurant à l’hygiène précaire, nous nous retrouvons au pied du Hawa Mahal, l’un des symboles de Jaipur. Le Palais des vents, fait partie du City Palace, et a été construit en 1799 par le Maharajah Pratap Singh. Les trois étages supérieurs de l’édifice n’ont que la profondeur d’une petite pièce. Aux étages inférieurs, les pièces sont reliées à d’autres salles et à des cours intérieures. La façade, avec 953 fenêtres sculptées avec écrans à claires-voies, rappellent la fonction première de ce bâtiment : permettre aux dames de la cour d’observer ce qui se passait dans la rue sans être vues…
Inde : le City Palace de Jaipur
A deux pas du Jantar Mantar, se trouve le City Palace de Jaipur, c’est-à-dire, le Palais de la Cité, la résidence du Maharajah du Rajasthan.
De son vrai nom « Chandra Mahal », cette immense complexe couvre presque un septième de la cité de Jaipur. On y rentre par la porte Sirekh-ki-Deorhi, sur le côté est. Celle-ci s’ouvre sur la Jaleb Chowk, la première cours au centre de laquelle se dresse le Mubarak Mahal, un édifice en marbre de deux étages, construit en 1900 par Madho Sing II, le Marahajah de l’époque. Abritant jadis le secrétariat d’Etat, l’édifice à été transformé en musée que nous nous empressons de visiter. Il est interdit de prendre des photos à l’intérieur, ce qui est bien malheureux, car s’y trouve une riche collection de costumes et ornements royaux, dont la tunique de JaiSingh II… Nous pouvons enfin mesurer O combien ce grand homme, fondateur de Jaipur, militaire aguerri et astronome passionné… était de haute taille : il faisait en fait plus de deux mètres de haut, et en prenant de l’âge, autant en diamètre. Sa tunique brodée s’étale donc derrière une vitrine d’au moins quatre mètres de long (il faut bien exposer également à côté les humbles parures du seigneur…).
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Inde : Jantar Mantar
La première visite de la journée concerne le Jantar Mantar, l’observatoire créé par le Maharaja Jai Singh II.
Jai Sing fit construire quatre de ces observatoires à Delhi, Jaipur, Ujjain et Varanassi entre 1727 et 1733. Passionné de mathématiques et d’astronomie, Jai Singh s’inspira des travaux d’astronomie réalisés par les savants perses et grecques. Il incorpora dans chacun des sites des éléments déjà créés dans les observatoires existants, tout en modifiant leur forme, leur taille et leur structure.
Le site de Jaipur consiste en quatorze appareils de mesure géométriques, destinés à mesurer le temps, prédire les éclipses, repérer l’orbite des étoiles, identifier la position des planètes, et déterminer les ephemerides. Le plus grand de ces « outils » est le Samrat Jantar, mesurant plus de trente mètres de haut. Sa forme triangulaire a été très précisément calculée afin d’indiquer l’heure, par rapport à la position du soleil.
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Inde : le Fort d’Amber et l’arrivée à Jaipur
La cité de Jaipur tient son nom et sa fondation au Marahaja Jai Singh II (1683-1743), qui était à la fois guerrier et astronome. Les prédécesseurs de Jai Singh avaient entretenu de bonnes relations avec la lignée des Mughals, au pouvoir, et il eut la clairvoyance d’entretenir ces liens.
En 1727, avec le déclin des Mughal, Jai Singh décida de quitter sa forteresse d’Amber et de créer sa propre capitale. Il construisit la cité sur un ancien modèle hindu, en lui ajoutant de hautes murailles et en la divisant en districts rectangulaires. En 1728, il bâtit Jantar Mantar, l’observatoire de Jaipur.
En 1876, le Marahajah Ram Singh fit colorer toute la cité en rose, une couleur associée à l’hospitalité, afin de recevoir le Prince de Gales (et futur roi Edouard VII).
- Le Fort d’Amber
Amber était l’ancienne capitale de l’Etat de Jaipur. Sa construction commença en 1592, sous la houlette du Marahaja Man Singh, commandant de l’armée d’Akbar. Il fut étendu plus tard par Jai Singh avant qu’il ne se lance dans la construction de Jaipur.
Situé à 11 kilomètres au Nord de la ville, le fort d’Amber s’élève au-dessus de la pierraille des Monts Travalli, sous la protection du fort militaire Juigarh. On y parvient par une route sinueuse, menant à un bourg pittoresque de maisons anciennes, de boutiques colorées et de vieilles murailles interminables.
Inde : la route Delhi-Jaipur
Nous partons vers 7h30 de l’hôtel, non sans avoir essayé de faire du change : 20,000 yens suffisent à vider littéralement les caisses en roupies. La voiture est garée en face, sur le trottoir, et à notre plus grand soulagement, l’Ambassador poussive à été remplacée par un 4×4 Toyota. Il n’y a que trois mètres maximum qui nous séparent du véhicule, mais traverser n’est pas chose facile. Nous sommes littéralement pris d’assaut par des mendiants, en majorité des femmes avec leur bébé dans les bras, et qui nous font explicitement comprendre qu’elles ont faim. Cela fend le cœur, mais nous les jouons les touristes blasés qui sqvent très bien que la scène va se répéter des centaines de fois durant le séjour. Tout en résistant au flot implorant, nous parvenons à faire passer nos valises du toit de la voiture au coffre – le chauffeur les avait installées en hauteur, pensant que l’un d’entre nous voulait aller se reposer à l’ « arrière »… Pendant ce temps, l’une des femmes s’agrippe à la veste de Guilhem et lui fait comprendre par geste qu’à défaut d’argent, cela conviendra très bien. Le guide, un peu irrité, nous enjoint de monter le plus vite possible dans la voiture. Les portières claquent et la voiture démarre en trombe….
Le quartier de Karol Bag est aussi délabré de jour qu’il m’avait semblé de nuit.
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Le guide nous explique que c’est un quartier d’hôtels, traditionnellement tenus par les Pakistanais. Les hôtels y sont nombreux, mais sont menacés de destruction en vue des Jeux du Commonwealth en 2010. Faillites d’établissement et chômage sévissent, ce qui est totalement palpable dans l’atmosphère du quartier. Passé un rond point, nous abordons une large avenue, parcourue de bus pétaradant (abordant sur leur flanc un mensonger : « the world largest eco bus network »), de voitures Tata (pour la plupart blanches et ressemblant fortement aux Fiat Tipo), de quelques vaches marchant placidement, et même des dromadaires.
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Peu à peu, émergent de la brume (ou des nuages de pollution ?) de hauts buildings aux formes modernes (et pas toujours de bon goût), tranchant singulièrement avec le spectacle des bidons-villes, des journaliers attendant sur des trottoirs crasseux qu’on vienne user de leur service, ou des employés marchant tant bien que mal le long des routes mal bitumées. J’ai beau me frotter les yeux, je ne reconnais absolument pas le pays que j’ai vu hier à travers les clips et films de l’avion.
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La route entre Delhi et Jaipur est toute neuve, ce qui est une agréable surprise. Elle est également parsemée de camions, ces monstres au châssis sur-élevé et au pare-chocs effrayant, à faire pâlir Optimus Prime lui-même. A l’arrière de chaque camion, se trouve l’inévitable message : « Blow horn » (klaxonnez s’il vous plaît) suivi parfois de l’amusant « dipper at night »(1). Cinq minutes de conduite sur cette autoroute suffisent à comprendre pourquoi : les conducteurs indiens ne regardent jamais derrière eux (à fortiori les camions, qui n’ont même pas de feux arrières). Le seul moyen pour doubler et donc de signaler sa présence par un bon klaxon. Il ne faut pas avoir peur d’appuyer sur le champignon non plus : un camion ne ralentira pas non plus pour laisser passer un véhicule, sauf extrême cas d’urgence (éviter une collision frontale avec un collègue, par exemple). Le trajet dure environ six heures, durant lesquelles je ne ferme guère les yeux, préférant surveiller la route. Notre chauffeur est habile, certes, mais la voiture frôle parfois les pare-chocs des camions d’un peu trop près. Le paysage est également agréable à regarder : champs de colza coincés entre de petites collines désertiques à la teinte rouge et ocre, prairies d’où émergent des arbres tropicaux, villages de bord de route, toujours très colorés, où l’on peut croiser les désormais inévitables vaches sacrées juchées sur un tas d’ordures, et les nonchalants dromadaires…>
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1) Pour ceux qui l’ignorent : Optimus Prime est un personnage des Transformers (DA datant de 1986), un robot pouvant se transformer en semi-remorque. (2) L’orthographe correcte est « deeper at night » (Klaxonnez en pleine nuit), “dipper” sigifiant « cuve » ou « remorque ». Un lapsus du « indi-english ».>

