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Japon – Tokyo : Koishikawa Korakuen Garden
Au début de la Période d’Edo, le fondateur de la branche Mito du clan Tokugawa, Yorifusa, possédait une résidence privée “non-officielle”, dont le jardin fut achevé par le deuxième chef de clan, Mitsukuni. Ce jardin, situé en plein coeur de Tokyo (il est adjacent au Tokyo Dome) possède un étang en son centre (encore plus large que l’étang Sanshiro de l’Université Todai), de petites collines et de nombreuses espèces végétales (abricotiers, cerisiers, pruniers, lotus, iris et azalées pour ne citer que ces variétés).

Le nom du Parc, Korakuen, provient d’un texte chinois, le “Gakuyoro-ki”, dont l’un des passages dit “qu’il est nécessaire pour ceux qui possédent de le pouvoir de s’inquiéter de maintenir ce pouvoir en premier, et d’en profiter par la suite”. Mitsukuni, admiratif de ce texte, décida de nommer le jardin “korakuen”, signifiant “le jardin pour profiter du pouvoir par la suite”. Passionné de la Chine, il fit également en sorte d’ajouter des éléments chinois au parc: la reproduction du Lac Seiko, un pont en lune pleine, une colline rappelant le Mont Lu-Shan.

On retrouve également une reproduction du Pont Togetsukyo, au Nord de Kyoto. D’une superficie de 70,850 m2 (un tiers seulement de sa taille d’origine), et situé non loin des gares de Iidabashi, Tokyo Dome et Suidobashi, le Ishikawa Korakuen reste une très bonne option de détente pour ceux qui ne désirent pas quitter le centre ville.





Japon – Tokyo : Perdue dans Bunkyoku
Il y a des jours comme ça, où on est incapable de suivre les plans que l’on s’était fixés de bon matin, pour laisser l’instinct et le hasard guider la promenade. Partie de chez moi avec la ferme intention de prendre des photos de Ginza, je me suis retrouvée à bifurquer en chemin dans une côte, sous le seul prétexte que j’avais aperçu un jardin (denrée rare à Tokyo). Et après le jardin, il s’est trouvé qu’il y avait un temple, puis un torii à moitié caché dans la végétation. Bref, presque malgré moi, je me suis retrouvée à trotter dans Bunkyo-ku, entre Koishikawa, Kasuga et Hongo… Et finalement, je m’y suis perdue, mais en y pensant bien, je n’en ai aucun regret…
Le premier temple rencontre s’appelle le Denzu-in, connu apparemment non pour son architecture, mais pour son cimetière, abritant nombres de tombes du 17ème siècle, dont celle de la mère de Tokugawa Hieyasu (l’un des chefs de guerre ayant unifié le Japon, et fondateur du régime Tokugawa), et de la fille d’un autre Shogun Tokugawa. Les tombes sont impressionnantes; faisant environ deux mètres de haut, et noircies par l’usure du temps et des éléments, elles dominent un paysage de pierres polies et grises, hérissées de longues lattes de bois marquées aux noms des défunts. Il faisait un léger vent lorsque je visitais, et les lattes de bois crissaient doucement…


Non loin du Denzu-In, j’ai entre aperçu un toori, et je n’ai pas pu m’empêcher d’aller voir ce que c’était. Sans surprise, j’ai découvert un autre temple, qui se révèle en fait être un ancien établissement de soba (nouilles de sarrasin), restaurant préféré des bonzes du Denzu-in et du Zenkoji, tout proche. La vieille bâtisse en bois – accessoirement nommée Ishikawa no ie ou Maison d’Ishikawa -, et ses sculptures étranges m’ont vite incitée à explorer le jardin, malgré la pente et mes talons hauts. Un jardin assez spécial d’ailleurs, car il est planté de… Torii! De différentes tailles, ils s’alignent les uns derrière les autres, leur laque rouge se détachant que trop bien sur la verdure tropicale. Des statues de renards, ainsi que des petits temples remplis de figurines miniatures laissent également à penser que l’endroit est dédié à l’animal roux des sous-bois.
Le Zenko-ji tient son nom du fait qu’il se trouve être une copie de son homonyme de la préfecture de Nagano. Il n’a pas à mon sens de caractéristique spécifique, mis à part que le bâtiment de style traditionnel est encerclé par des immeubles de trente mètres. Japon, le décalage des époques et des genres, comme toujours…
Très vite – trop vite? – je suis retombée sur la Shiroyama Dorii, bordée d’arbres certes, mais aussi d’immeubles d’au minimum dix étages. Et j’étais plutôt d’humeur “petites rues et lieux insolites” ce jour-là… J’ai donc fui vers la Kikuzaka, une rue dont les vieilles maisons en bois – bien noires, bien délabrées, bien “authentiques” – s’accrochent à une pente rivalisant avec la Kagurazaka à Iidabashi. D’ailleurs pas pu m’empêcher de sourire, me disant qu’il devait y avoir un bruit infernal de craquement de charpente et de portes coulissantes en verre à chaque tremblement de terre.

Par le hasard des petites rues, je suis arrivée sur une grande avenue, où les silhouettes de bâtiments de type Victorien m’ont immédiatement sautées aux yeux. Je savais plus ou moins que je me trouvais dans le quartier de Hongo, mais j’ai mis plusieurs minutes á comprendre que je me trouvais devant les murs de Tokyo Daigaku, plus couramment appelée Todai; l’Université formant l’élite du pays du Soleil Levant.


L’Université de Todai se trouve être la plus ancienne université du Japon. Sa forme actuelle date de 1877 – le gouvernement de Meiji s’étant largement inspiré de l’Occident pour effectuer sa révolution, quel que soit le domaine, dont l’Éducation faisait partie. Mais sa véritable histoire remonte à la fin de la période d’Edo, époque à laquelle la riche famille Maeda, propriétaire des terrains, offrit la zone à l’Université, par la grâce d’un mariage avec l’héritier d’un shogun Tokugawa, en 1828. L’emblème de l’Université, la Aka-mon ou Porte Rouge, est toujours présente à notre époque pour témoigner de cet instant. De même que le Sanshiro-Ike (Etang Sanshiro); créé au 17ème siècle, il portait un autre nom, hérité du Chinois et décrivant à merveille sa forme de Coeur (le nom en japonais étant Iku-toku en no Shinjiike… Personnellement, je préfère Sanshiro!).Le nom actuel provient du roman de Natsume Soseki, “Sanshiro” (l’action se passe en 1908, et essentiellement centrée autour de l’Université de Todai. Un jour, le protagoniste, Sanshiro, rencontre une femme, Mineko, qui ne va cesser de l’obséder…).

