Japon, Tokyo
Japon – Tokyo: le temple Sengaku-ji
Dimanche 18 février ; profitant d’une accalmie aussi inattendue que providentielle, je m’empresse de voler jusqu’à la station Kasuga de la ligne Mita (en clair Tokyo Dome) pour me rendre dans un temple que je n’ai jamais visité jusqu’alors : le Sengakuji.

Situé à une minute de l’immense station de Shinagawa sur la ligne Toei Asakusa, niché entre une école et des immeubles d’habitation, Sengaku-ji est l’un des temples les plus connus de Tokyo. Bien que de petite taille et ne possédant aucun bâtiment particulièrement impressionnant, le Sengakuji est chargé d’histoire ; celle des 47 ronin.
Japon – Tokyo: Shitamachi et la rivière Sumida
Deuxième partie de mon récit sur les rives de la rivière Sumida. Nous sommes toujours le 17 février, il fait toujours gris et la pluie menace encore de tomber… Les oiseaux chantent, mais comme je longe une voie expresse, je ne risque pas de les entendre…

La suite de ma promenade a consisté en la descente depuis Mukojima jusqu’à l’île de Tsukishima des rives de la Sumida. C’est un parcours que j’ai fait maintes et maintes fois en bateau, mais jamais à pied. Les rives ne sont pas toujours aménagées entièrement, et il faut souvent alterner rive Est et rive Ouest, mais cela permet de mieux observer la vie des clochards qui peuplent les lieux, et de comprendre l’imbrication architecturale que les urbanistes nippons – visiblement prêts à ne reculer devant rien pour maximiser l’espace – ont réalisé.
Pourtant, les rives de la Sumida n’ont pas toujours ressemblé à ce qu’elles sont de nos jours…
Japon – Tokyo: Promenade à Mukojima
C’est par un samedi matin gris et maussade que je me suis décidée à empoigner mon appareil photo, une carte de Tokyo et mon guide – en japonais - sur Shitamachi (les quartiers populaires), et à partir pour Mukojima, situé un tout petit plus au nord qu’Asakusa. Une destination inhabituelle pour une gaijin, étant donné que le lieu n’est que rarement cité dans les guides de voyage en langues étrangères.

Je commence par suivre la rivière Sumida à travers les jardins aménagés sur les rives, et occupé par de nombreux sans-abris. Vivant dans de petites tentes bleues pour les plus « fortunés », dans des cartons pour les autres, ils se montrent en général très indifférents au passage des touristes ou habitants du quartier. Plutôt âgés – beaucoup doivent avoir la soixantaine et plus – ils constituent une population flottante, jetée à la rue par des restructurations d’entreprise, le manque d’argent une fois la retraite venue ou par leur propre volonté, pour ceux qui voulaient disparaître de la société.

Japon -Tokyo : 日本橋 Nihonbashi, le pont du Japon
Le quartier de Nihonbashi était l’un des principaux centres marchands durant l’époque d’Edo. Son développement est attribué à la puissante famille Mitsui, qui basa ses activités de vente de détails à Nihonbashi, et développa son premier grand magasin, Mitsukoshi. Le marché au poisson se trouvait également là, avant d’être déplacé à l’actuel emplacement de Tsukiji. Nihonbashi devint également une importante place financière (présence de nombreux établissements financiers) avec le boom de la finance après la Deuxième Guerre Mondiale.

Le Pont de Nihonbashi acquit sa célébrité au 17ème siècle, alors qu’il était le terminus de la route du Tokkaido, reliant Edo à Kyoto. Il était alors connu sous le nom de Edobashi, le « Pont d’Edo » (Edo étant l’ancien nom de Tokyo). Durant l’Ère Meiji, le pont en bois fut remplacé par un pont en pierres plus large, qui a perduré de nos jours, malgré la construction des voies aériennes qui l’encerclent totalement. Ce pont est également le point utilisé pour mesurer les distances avec Tokyo (« à 35 kilomètres de Tokyo » devant se comprendre comme « à 35 kilomètres du pont de Nihonbashi »).
Japon – Tokyo : Nishi-Shinjuku, treize géants vous contemplent…

Tout le monde est arrivé à la bonne sortie ? Bien ! Faisons donc fi des haut-parleurs qui scandent des discours pour une quelconque élection ou pour une obscure secte, des appels de la gare, rappelant qu’il ne faut pas dépasser la petite bande jaune sur le quai, ou qu’il y a eu un énième problème corporel (=suicide) sur la ligne Chuo. Ignorons aussi la foule, qui nous bouscule. Mais on ne peut rien y faire : à part les heures où la gare est fermée, il y a pléthore de passagers et de passants. Regardons plutôt en face de nous : de hautes silhouettes s’élancent dans le ciel, contemplant le grouillement à leurs pieds… Nishi-Shinjuku, nous voilà ! Read the rest of this entry »
Japon – Tokyo : L’histoire de Shinjuku

Une zone de passage…
Shinjuku signifie « les nouveaux logements (1) », un nom attribué au tout début du 17ème siècle, à l’époque où le gouvernement Tokugawa exigeait que les daimyo (chefs de guerre provinciaux) se tiennent à résidence à Tokyo (1). Shinjuku était également l’une des cinq entrées de la ville d’Edo, jusqu’en 1718, date à laquelle le passage fut fermé, suite à des incidents dans une « maison de plaisir » locale. Shinjuku retrouva sa fonction de passage douanier vers 1770, et les établissements de « jeunes femmes servant le riz » (nom élégant pour designer les prostituées chargées de satisfaire l’appétit des voyageurs) proliférèrent de plus belle.
La période moderne de Shinjuku commence avec l’apparition du train, en 1885. Un nouveau Shinjuku se développa à près de deux kilomètres de l’ancien, à l’emplacement désormais couvert par l’énorme gare de Shinjuku. Les tokyoïtes de l’époque, encouragés à déménager dans les quartiers les plus occidentalisés, prirent d’assaut cette zone extrêmement bien desservie par rapport au reste de la ville. La horde des voyageurs foulant quotidiennement le sol de la gare, fit de Shinjuku une zone de choix pour les grands magasins. En 1924, Mitsukoshi ouvrit un premier point de vente, marquant le coup d’envoi de l’expansion d’une zone commerciale à l’Est de la gare. Isetan, Takashimaya ne furent pas longs à suivre.
- L’émergence du Shinjuku moderne…
Le tremblement de terre de 1923 laissa Shinjuku relativement épargné à comparer des quartiers bas de la ville, provoquant un nouvel afflux de population. Par contre, Shinjuku n’échappa pas à la destruction des raid aériens de 1945, et dut être partiellement rebâti. Profitant de cette reconstruction massive, la municipalité de l’époque projeta de reconstruire le Théâtre de Kabuki de Tokyo dans la partie Est de Shinjuku. Un projet avorté par la suite, car le théâtre fut reconstruit à son exact emplacement à Ginza, mais laissa à la zone candidate le nom de « Kabukicho ».
Dans les deux décennies d’après-guerre, Higashi-Shinjuku attira une population bohême d’écrivains, d’étudiants et d’intellectuels parfois un brin anarchistes, qui se plaisaient à fréquenter les cafés et jazz bars. En octobre 1968, les passions de cette population explosèrent sous forme d’insurrections, avec comme point culminant, les pavés de Shinjuku transformés en projectiles contre la police lors d’une manifestation anti Guerre du Vietnam.
A la même époque, une autre révolution se faisait sentir, de l’autre côté de la gare. Jusqu’en 1965, existait un réservoir de trois hectares dans la partie Ouest de Shinjuku. Un plan d’amélioration de l’urbanisme conduisit à la suppression de ce réservoir, et à partir de 1970, à une promotion intensive de l’immobilier auprès des institutions financières, avec la construction d’un nouveau centre d’affaires, puis du Keio Plazza Hôtel en 1971. Dans les années 80 et 90, Nishi-Shinjuku devint le point de concentration d’un projet d’urbanisme qui vit la construction d’environ 13 Sky-Scrapers (Gratte-ciel), dont l’atmosphère contraste totalement avec Higashi-Shinjuku. Alors que la première zone est sillonnée de larges rues, la deuxième a conservé ses rues étroites, allées et petits passages.
- Toujours tourné vers le futur…
En ce début de 21eme siècle, Shinjuku est la première gare du pays (et sans doute, la plus affairée du monde), affichant neufs lignes de trains convergent dans cette gare tentaculaire, et un trafic de 3.2 millions de passagers par jour. La gare est également desservie par 23 lignes de bus, et ne compte pas moins de 60 sorties, se trouvant parfois à plus d’un kilomètre de la gare, et atteignables au prix d’une traversée dans d’interminables galeries marchandes souterraines.
Toujours en travaux, la gare de Shinjuku continue son agrandissement du côté de la sortie Sud (Shin-Minami Guchi). Cette zone a commencé son aménagement avec la sortie de terre de Times Square en 1996, constitué du Grand magasin Takashimaya, de Tokyu Hands et de la librairie géante Kinokuniya. Un autre volet du projet prévoit la construction d’une avancée au-dessus des quais de la sortie Sud, et qui sera aménagée en espaces verts. L’intérieur de la gare se refera une beauté, en adaptant un style proche de la gare de Shinbashi/Shiodome. Fin des travaux annoncés pour 2007/2008.
Shinjuku, toujours en évolution… !
- Nota bene :
(1). Shinjuku : 新 Shin = nouveau, 宿 Juku = logement
(2) Ce système s’appelait le 参勤後退 : les familles des chefs de guerre est assignées à résidence à Edo (pratiquement en otages), garantissant aux dirigeants Tokugawa la tranquillité en province.
(3). Selon le ministère des transports, les gares les plus fréquentées au Japon sont dans l’ordre ; Shinjuku, Ikebukuro (2,8 millions de passagers par jour), Umeda à Osaka (2,5 millions/jour), Yokohama et Shibuya (1,9 millions/jour). Chiffres de 2002.
Japon – Tokyo : Koishikawa Korakuen Garden
Au début de la Période d’Edo, le fondateur de la branche Mito du clan Tokugawa, Yorifusa, possédait une résidence privée “non-officielle”, dont le jardin fut achevé par le deuxième chef de clan, Mitsukuni. Ce jardin, situé en plein coeur de Tokyo (il est adjacent au Tokyo Dome) possède un étang en son centre (encore plus large que l’étang Sanshiro de l’Université Todai), de petites collines et de nombreuses espèces végétales (abricotiers, cerisiers, pruniers, lotus, iris et azalées pour ne citer que ces variétés).

Le nom du Parc, Korakuen, provient d’un texte chinois, le “Gakuyoro-ki”, dont l’un des passages dit “qu’il est nécessaire pour ceux qui possédent de le pouvoir de s’inquiéter de maintenir ce pouvoir en premier, et d’en profiter par la suite”. Mitsukuni, admiratif de ce texte, décida de nommer le jardin “korakuen”, signifiant “le jardin pour profiter du pouvoir par la suite”. Passionné de la Chine, il fit également en sorte d’ajouter des éléments chinois au parc: la reproduction du Lac Seiko, un pont en lune pleine, une colline rappelant le Mont Lu-Shan.

On retrouve également une reproduction du Pont Togetsukyo, au Nord de Kyoto. D’une superficie de 70,850 m2 (un tiers seulement de sa taille d’origine), et situé non loin des gares de Iidabashi, Tokyo Dome et Suidobashi, le Ishikawa Korakuen reste une très bonne option de détente pour ceux qui ne désirent pas quitter le centre ville.





Japon – Tokyo: Kagurazaka
Kagurazaka est une rue en pente, traversant le quartier d’IIdabashi, au nord-est de l’arrondissement de Shinjuku. Habitée tout d’abord par la classe des Samurais, dès le milieu du dix-septième siècle, la zone était riche en temples bouddhistes et shintoïstes. En 1792, le temple Zenkokuji fut déplacé de Kojimachi à Kagurazaka, marquant le début de l’expansion commerçante du quartier.
Durant l’époque Meiji (1868-1912), une population plus roturière vint remplacer la classe disparaissante des samouraïs. À partir de 1887, les tavernes de Kagurazaka commencèrent à rester ouvertes tard dans la nuit. Et pour finir, ces établissements prirent définitivement possession des deux côtés de la rue, jour et nuit. Le “niveau” devait pourtant se relever en 1894, avec la construction de la gare JR de Iidabashi. Les “Karyukai”, sorte de restaurants dans la plus pure tradition japonaise, employant des geishas, se mirent à fleurir dans les environs proches de ce nouveau cœur du transit tokyoïte.
Relativement peu affectée par le Grand Tremblement de Terre du Kanto en 1923, Kagurazaka continua à prospérer, d’autant plus que trois des principaux grands magasins de Ginza s’établirent momentanément sur son sol. Kagurazaka hérita alors du nom de Yamanote Ginza (le Ginza de la Yamanote, car au contraire du premier quartier, Iidabashi se trouve à l’intérieur de la Yamanote). Les karyukai se multiplièrent de plus belle, si bien qu’en 1938 cette communauté atteignit les cent cinquante établissements, employant près de six cents geishas. Par contre, le quartier fut généreusement bombardé durant la Deuxième Guerre Mondiale, et dû attendre le début des années 50 pour se reconstruire. En 1955, quatre-vingts kairyukai avaient rouvert, employant deux cents geishas.
Kagurazaka, aujourd’hui, est un mélange entre le Tokyo d’Edo, et le Tokyo moderne, et… un quartier empreint d’une certaine influence française. Malgré un déclin notable du nombre de restaurants “ryotei” et des geishas (il reste 9 restaurants, et seulement 30 geishas en 2006), cette activité reste majeure dans le quartier. Pourtant, les petits établissements ont la vie dure. En 1999, la construction d’un condominium de 26 étages – sur l’emplacement historique du premier ryotei” – avait mobilisé les habitants et les amoureux de la Kagurazaka, mais en vain… Sept ans plus tard, c’est la construction d’un immeuble de 14 étages, tout prêt de la rue où se concentrent les ryotei survivants, qui mobilise de nouveau les protecteurs du site. Et pour cause: l’excavation est d’une laideur sans nom, et laisse présager d’un triste avenir pour les fragiles maisons qui l’entourent…
L’influence française se manifeste par la forte implantation d’institutions françaises (lycée Franco-japonais, Institut Franco-japonais de Tokyo) et la concentration rarement égalée ailleurs dans Tokyo de restaurants et de ressortissants français (Kagurazaka est d’ailleurs désigné par la communauté française comme l’un des deux “ghettos français” de Tokyo, avec Hiroo, dans Minato-ku… Les Japonais, plus poétiques, l’appellent Petite France プチフランス).
Pour bien visiter Iidabashi et Kagurazaka, la meilleure chose à faire est de faire d’abord une halte au Canal Café, agréable établissement installé sur les berges des anciennes douves extérieures du château d’Edo, juste à la sortie de la gare. Fondé en 1918, il est doté d’une terrasse et d’un ponton aménagé en café/port de plaisance. Il est d’ailleurs possible de canoter en avril/mai, sous les cerisiers en fleur. La zone des karyukai est évidemment une halte obligée pour la suite: labyrinthes de minuscules allées, rappelant un peu celles de Pontocho à Kyoto, elles possèdent un charme unique, particulièrement appréciable la nuit, lorsque de petites lanternes éclairent les entrées. Une fois quittées ces petites rues, il reste à flâner dans la Kagurazaka en admirant les magasins d’art traditionnel et de kimonos, s’arrêter au Zenkokuji, puis un peu plus loin, au Akagi Jinja.
Le Zenkokuji:
Le Akagi Jinja :
Japon – Tokyo : Perdue dans Bunkyoku
Il y a des jours comme ça, où on est incapable de suivre les plans que l’on s’était fixés de bon matin, pour laisser l’instinct et le hasard guider la promenade. Partie de chez moi avec la ferme intention de prendre des photos de Ginza, je me suis retrouvée à bifurquer en chemin dans une côte, sous le seul prétexte que j’avais aperçu un jardin (denrée rare à Tokyo). Et après le jardin, il s’est trouvé qu’il y avait un temple, puis un torii à moitié caché dans la végétation. Bref, presque malgré moi, je me suis retrouvée à trotter dans Bunkyo-ku, entre Koishikawa, Kasuga et Hongo… Et finalement, je m’y suis perdue, mais en y pensant bien, je n’en ai aucun regret…
Le premier temple rencontre s’appelle le Denzu-in, connu apparemment non pour son architecture, mais pour son cimetière, abritant nombres de tombes du 17ème siècle, dont celle de la mère de Tokugawa Hieyasu (l’un des chefs de guerre ayant unifié le Japon, et fondateur du régime Tokugawa), et de la fille d’un autre Shogun Tokugawa. Les tombes sont impressionnantes; faisant environ deux mètres de haut, et noircies par l’usure du temps et des éléments, elles dominent un paysage de pierres polies et grises, hérissées de longues lattes de bois marquées aux noms des défunts. Il faisait un léger vent lorsque je visitais, et les lattes de bois crissaient doucement…


Non loin du Denzu-In, j’ai entre aperçu un toori, et je n’ai pas pu m’empêcher d’aller voir ce que c’était. Sans surprise, j’ai découvert un autre temple, qui se révèle en fait être un ancien établissement de soba (nouilles de sarrasin), restaurant préféré des bonzes du Denzu-in et du Zenkoji, tout proche. La vieille bâtisse en bois – accessoirement nommée Ishikawa no ie ou Maison d’Ishikawa -, et ses sculptures étranges m’ont vite incitée à explorer le jardin, malgré la pente et mes talons hauts. Un jardin assez spécial d’ailleurs, car il est planté de… Torii! De différentes tailles, ils s’alignent les uns derrière les autres, leur laque rouge se détachant que trop bien sur la verdure tropicale. Des statues de renards, ainsi que des petits temples remplis de figurines miniatures laissent également à penser que l’endroit est dédié à l’animal roux des sous-bois.
Le Zenko-ji tient son nom du fait qu’il se trouve être une copie de son homonyme de la préfecture de Nagano. Il n’a pas à mon sens de caractéristique spécifique, mis à part que le bâtiment de style traditionnel est encerclé par des immeubles de trente mètres. Japon, le décalage des époques et des genres, comme toujours…
Très vite – trop vite? – je suis retombée sur la Shiroyama Dorii, bordée d’arbres certes, mais aussi d’immeubles d’au minimum dix étages. Et j’étais plutôt d’humeur “petites rues et lieux insolites” ce jour-là… J’ai donc fui vers la Kikuzaka, une rue dont les vieilles maisons en bois – bien noires, bien délabrées, bien “authentiques” – s’accrochent à une pente rivalisant avec la Kagurazaka à Iidabashi. D’ailleurs pas pu m’empêcher de sourire, me disant qu’il devait y avoir un bruit infernal de craquement de charpente et de portes coulissantes en verre à chaque tremblement de terre.

Par le hasard des petites rues, je suis arrivée sur une grande avenue, où les silhouettes de bâtiments de type Victorien m’ont immédiatement sautées aux yeux. Je savais plus ou moins que je me trouvais dans le quartier de Hongo, mais j’ai mis plusieurs minutes á comprendre que je me trouvais devant les murs de Tokyo Daigaku, plus couramment appelée Todai; l’Université formant l’élite du pays du Soleil Levant.


L’Université de Todai se trouve être la plus ancienne université du Japon. Sa forme actuelle date de 1877 – le gouvernement de Meiji s’étant largement inspiré de l’Occident pour effectuer sa révolution, quel que soit le domaine, dont l’Éducation faisait partie. Mais sa véritable histoire remonte à la fin de la période d’Edo, époque à laquelle la riche famille Maeda, propriétaire des terrains, offrit la zone à l’Université, par la grâce d’un mariage avec l’héritier d’un shogun Tokugawa, en 1828. L’emblème de l’Université, la Aka-mon ou Porte Rouge, est toujours présente à notre époque pour témoigner de cet instant. De même que le Sanshiro-Ike (Etang Sanshiro); créé au 17ème siècle, il portait un autre nom, hérité du Chinois et décrivant à merveille sa forme de Coeur (le nom en japonais étant Iku-toku en no Shinjiike… Personnellement, je préfère Sanshiro!).Le nom actuel provient du roman de Natsume Soseki, “Sanshiro” (l’action se passe en 1908, et essentiellement centrée autour de l’Université de Todai. Un jour, le protagoniste, Sanshiro, rencontre une femme, Mineko, qui ne va cesser de l’obséder…).


Japon – Tokyo : Un samedi à Asakusa (4)
- Lanternes japonaises…
La fin du périple était pour moi et mes 3 autres collègues de visite le magasin d’un artisan spécialiste dans la peinture sur lanterne. Ne riez pas, au Japon, les lanternes font partie de la culture et du patrimoine ! Et le monsieur a été très fier de nous apprendre qu’il était le 5e du nom à perpétuer l’art familial, et que la relève était assurée jusqu’à la 7e génération ! (Je ne pense pas que dans ce quartier très traditionnel, les enfants des artisans aient beaucoup le choix de leur avenir).







