La course à l’appartement

Un nouveau post, toujours sur le thème de la recherche d’un appartement à Paris, bien que cela ne soit plus tellement d’actualité pour moi. Il semblerait en effet que j’ai trouvé un petit nid douillet à habiter, niché au 20ème étage d’une tour du 15ème arrondissement de Paris. J’utilise le conditionnel car mon côté superstitieux m’y pousse et que je considérerai l’appartement acquis lorsque j’aurai signé le contrat et que j’aurai les clés en main, (vraisemblablement, ce vendredi 7 mars).

A chaque fois que j’ai déménagé dans la capitale Tokyoïte (intra muros ou banlieue), je prenais un véritable plaisir à traquer la bonne affaire dans le catalogue fourni de l’agence du coin. Et quand cette bonne affaire tardait à pointer le bout de son nez, il y avait toujours un employé plein de ressources pour contacter une agence voisine et trouver l’appartement désiré. Bien sur, il fallait faire avec le racisme de certains propriétaires et les fameuses mentions « appartement interdit aux chiens, chats, pianos et étrangers » visées en gros sur les annonces. Mais en une à deux journées, j’arrivais à trouver ce que j’étais venue chercher, sans trop de stress. Et cerise sur le gâteau, j’étais la cliente respectée par le prestataire de service, cet être vénéré qu’il fallait contenter à tout prix… ^___^

Les contraintes auxquelles j’ai dû faire face à Paris ont été d’un tout autre ordre. Et je dois avouer que j’ai vraiment ressenti du stress, me demandant si j’allais me trouver quatre murs et un toit où crécher. Je ne peux pas vraiment dire que cela ait été une partie de plaisir…

La première difficulté s’est présentée au moment de la prise de rendez-vous dans une agence. Je m’attendais à pousser la porte de la première agence trouvée et à demander le catalogue des appartements en location, comme à Tokyo, et là je suis tombée de très haut. Du fait du faible nombre d’appartements en location, peu d’agences affichent en vitrine des offres locatives et beaucoup n’accordent de rendez-vous que sur présentation d’un dossier de location. C’est dans ce dossier que réside d’ailleurs ma deuxième source de mécontentement. Bien que la liste des pièces à fournir soit réglementée par la loi, un bon nombre d’agences font leur propre liste et demandent des pièces justificatives qui n’ont strictement rien à voir avec la location d’un appartement : numéro de sécurité sociale, relevés bancaires, etc. Inutile de protester – même en invoquant l’aspect non-légal de certaines listes – car d’autres dossiers (de candidats moins regardant) ne demandent qu’à être examinés…

Ci-dessous: la liste des pièces demandées pour un dossier de location affichée dans une vitrine d’une agence de Paris. Cherchez l’erreur…

Ma troisième source d’insatisfaction réside dans une “règle” en pratique chez la plupart des agences et des propriétaires ; le revenu mensuel net doit atteindre 3 à 4 fois le montant du loyer mensuel. Je n’ai trouvé aucune justification légale à cette pratique qui, de toute façon, est presque incontournable pour la même raison que le dossier de location. Les candidats à la location étant nombreux, mieux vaut se taire et se plier aux règles si on veut avoir un des rares appartements disponibles.

Du côté du ratio prix/superficie, et en l’occurence, pour le prix d’un 45-50m3j’ai trouvé que Paris intra-muros vaut bien Tokyo à l’intérieur de la ligne Yamanote. Et pour la qualité du logement, je serais même prête à faire pencher la balance en faveur de la capitale nippone.

Une fois que j’ai réussi à assimiler ces « règles du marché parisien», je me suis lancée dans ma recherche sur le site seloger.com, qui m’a semblé le plus complet et le plus fourni. Une bonne trentaine de coups de fil m’ont été nécessaires pour pouvoir prendre rendez-vous pour la visite de trois appartements (seulement). Bon nombre de fois, on m’a répondu que l’appartement était déjà loué ou qu’il fallait d’abord constituer un dossier de location avant d’être « potentiellement » éligible pour une visite. Des simagrées que je comprendrais si l’appartement était un produit tout à fait extraordinaire mais qui me font franchement râler lorsqu’il s’agit d’un appartement perché au sixième étage d’un vieil immeuble, et sans ascenseur en plus! Il ne faut toutefois pas désespérer, persévérer et… avoir un peu de chance, il faut bien le dire. A force de parcourir les annonces, je suis finalement tomber sur un appartement se rapprochant du standard que j’avais à Tokyo, géré en plus par une agence qui m’a enfin prise pour une cliente et non pas pour un chien dans un jeu de quilles. *___*

J’aurais pu il est vrai passer par la location de particulier à particulier, le site en la référence étant pap.fr (les annonces paraissent également dans l’hebdomadaire du même nom). J’ai choisi dès le début d’écarter cette option car si elle permet de réduire les coûts, les candidats sont encore plus nombreux que dans les agences… et les propriétaires encore plus exigeants et omnipotents. “Particulier à Particulier” parait tous les jeudis et il est conseiller de guetter le renouvellement des annonces sur le site dès le mercredi soir.

2 Comments

on “La course à l’appartement
2 Comments on “La course à l’appartement
  1. ohhhhh bah en voila un beau parcours du combattant…j’aime bien la liste des justificatifs a fournir dis moi! Ils ont aime ton dernier avis d’imposition en Japonais??
    Pfiouuuu ca commence donc comme ca?
    Bon courage et en esperant voir une photo des clefs vendredi.
    Au fait, ou sont tes meubles?

  2. Tu vas rire, mais il a fallu que je donne une photocopie de mes trois dernières fiches de salaire en japonais pour l’un de mes dossiers de location. Quand j’ai fait remarquer à la personne qu’ils étaient en japonais, il m’a répondu: “Mais c’est pas grave, c’est mieux…”. J’ai comme l’impression que le mieux en question tient plus à la paranoia qu’à autre chose ;-)

    Par contre, celui avec qui j’ai fait affaire ne m’a pas demandé les relevés ou les fiches , parce que bon, les documents en Japonais, il en avait un peu rien à faire. Il était plus interessé par mon nouveau contrat de travail, ce que je trouve plus normal. Comme quoi, cela change vraiment d’une agence à une autre!

    Mes meubles sont dans un garde-meubles en région parisienne. Dès que j’ai les clé, je préviens Crown et je pense que j’aurais les meubles en une semaine à dix jours.

    Je penserai à la photo des clés ;-)

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